L’hispoire de la pharmacie

Al et Homé sont deux frères.

Même parents, même passion. Une bien belle famille. Le père pharmacien, inventeur du cola bulleux, fut la première étoile de celle ci. Génie en puissance, l’intérêt économique suscité par sa potion de guérison le dépassa rapidement. Il rencontra sa future épouse lors d’une promenade à l’institut Pasteur. Cette infirmière éminente administrait ici et là les premiers vaccins contre les rageux. Le monde n’allait en devenir que plus sain.

Leurs deux fils ont fait l’histoire de la santé que nous connaissons aujourd’hui. Enfin je crois.

Al est le benjamin. Tout comme papa, il se découvre très tôt une passion pour les bulles. Et notamment pour ce qui en est à l’origine, la chimie. Rouflaquettes et pattes d’oie tendues vers l’avant, il manipule à l’instinct les substances les plus dangereuses, les plus explosives. Il perd des doigts. Mais continue. Avec entrain, peu à peu, le petit chimiste élabore les mélanges audacieux qui permettent, bien qu’il ne le sache pas encore, de traiter et combattre nombre de maladies. Passé la quarantaine, Al sombre dans une conséquente dépression existentielle. Trente ans à faire péter des béchers, à fracturer des éprouvettes. Trente ans à repeindre de multiples coloris le garage de Papa ou la cuisine de Maman. Tout cela pourquoi ? Dans un ultime geste de dépit, il absorbe d’un trait sa dernière préparation. Cette administration ne lui sera finalement pas fatale, le bonhomme se réveillant le lendemain matin. Vivant, mais engourdi, sédaté et gonflé, il ressent cependant une joie inconnue l’envahir de l’intérieur, une source issue d’une grotte alors encore scellée la veille. Il est content, presque heureux. « Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort, mais ça fait vomir », écrira t-il alors. S’en suivra une vie chimique riche, à l’origine de médicaments, poisons, qui, habilement maniés, permettent de traiter certaines pathologies du corps et de l’esprit.

Homé est l’aîné de la petite fratrie. Il est censé, dès ses premières années, suivre la voie paternelle. Cela dure un temps. A sept ans, agacé par la pauvreté de la diversité des recherches de son père, il prend son tricycle et part s’installer dans la cabane du jardin. C’est à cet instant, à cet endroit, qu’il commence à observer et écouter la nature. Par la pratique, il débute son apprentissage, afin de peu à peu comprendre les mécanismes salvateurs. Lorsqu’une plante est malade, il coupe une partie atteinte, la lave à l’eau fraîche et la reboute au végétal. Une fois sur 28, la plante est guérit. Amateur d’eau, il testera l’ensemble de ses traitements dans un bol, puis une bassine, puis une piscine, puis un lac puis dans l’océan. Sa plus grande expérience relatée à ce jour reste l’histoire du canard. Atteint d’une sévère grippe, Homé transmet indirectement sa maladie à son canard fétiche, Barbari. Refusant le traitement à base de bulles de son père, il va, trois jours durant, masser le foie du canard, la tête sous l’eau. Les deux individus, homme comme canard, guériront miraculeusement. Les années continuèrent, où, cloîtré dans sa maison-arbre, Homé multipliera les découvertes.

Fin de l’hispoire de Al et Homé Opathie.

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