Gamineries

Je n’aime pas vraiment les enfants.
Les miens, je ne sais pas, je n’en ai pas encore. Mon seuil de tolérance devrait s’élever à partir du premier débarquement. C’est ce que je tend à admettre.

Pour être plus précis, je trouve ça drôle entre 2 et 4 ans.
A ce moment précis de leur croissance, même si ça crie beaucoup trop, il leur arrive aussi de parler n’importe comment, de rire à cause du vent leur chatouillant les orteils ou de courir dans des baies vitrées.
Des petits machins rigolos.
Bien entendu, je parle ici et à chaque instant des machins des autres, hein. Pas chez moi.
Ne déconnons pas trop, le sujet est lourd et grave.

J’aime cette relation mère-enfant-père, vu de l’extérieur. Et je l’apprécie avec encore plus de joie lorsque je suis équipé de ma blouse, en officine.

Un enfant dans une pharmacie, c’est un peu gollum qui court après son anneau. Une quête désordonnée, sans chemin fixe, guidée par l’envie : les enfants ne peuvent résister à la frénésie de l’entrée officinale.
Et bien sachez, malgré mon introduction qui devrait faire hurler de nombreuses mères, que je réagis tout à fait différemment de ce que vous pourriez penser à cet instant.

Je deviens le meilleur ami du petit machin. Pire, pour les parents : je suis alors le complice principal des multiples horreurs réalisées par leur progéniture.
Voir les parents se débattre, me regardant du coin de l’oeil, me procure bien plus de plaisir que de penser aux hypothétiques conséquences du mini raz de marée alors en action.
Tout est permis. Tous sont en représentation, inventant chaque nouvelle entrée, comme pour me divertir.

Des jumelles, robes roses, petites ballerines. Main dans la main avant de rentrée à la pharmacie. La mère doit « juste aller acheter du sérum physiologique ». Passe un instant. Puis l’une fait manger son serre-tête à l’autre, qui tente la prise du dragon dans les narines de la première, pour cause de « c’est moi qui porte le sac ». Après un certain temps, je donne un petit bloc notes offert par un labo à la sans-sac, pour entretenir l’envie, à la sortie.

Un grand, un petit. Une chaise. Cruel dilemme. Statistiquement, la fin la plus commune est le grand qui boude parce que le petit, qui pleure, a eu le droit de s’y asseoir. Mais j’interviens avant. J’amène une deuxième chaise, mais bien plus belle. Deuxième round.

3 ans, les yeux remplis de lumière, celle de la découverte. Se ballade partout, et surtout là où il ne faut pas, à la recherche de la connaissance. « Arthurin, reste là! Tu ne vas pas derrière! ». Début de sourire intérieur. « Si tu ne reviens pas, le monsieur va te gronder! ». Grossière erreur. Ma phrase fétiche sort naturellement : « Ah non Mme, je ne le gronderai pas. Je ne suis pas là pour ça. » De nombreux parents doivent m’en vouloir mais je ne vois pas pourquoi ce serait à moi de courir après le morpion qu’ils ont du mal à tenir. Na. Nananère.

Le must. Un petit habitué, maman très sympa. Arrive, grand sourire, dans la pharmacie bondée. Une phrase m’a cloué au comptoir : « Bonjour Mr Diarrhée! ».
D’abord stupéfait, je n’ai pu m’empêcher de rire, l’encourageant indirectement à crier de plus bel en courant autour de vieux dubitatifs, ma mère se confondant de pardons en le rattrapant.
Je me suis plus tard demander ce qu’il avait du entendre à la maison pour répéter, ou imaginer cette entrée.

J’aime bien les enfants en fait.

Publicités

2 réponses à “Gamineries

  1. « D’abord stupéfait, je n’ai pu m’empêcher de rire, l’encourageant indirectement à crier de plus bel en courant autour de vieux dubitatifs, ma mère se confondant de pardons en le rattrapant. »
    petit lapsus…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s