I’m going to the "Fuck"

« Passe ton bac! » est une phrase à jamais non-ancrée dans ma mémoire.
Tout simplement parce que je considérais que, depuis ma petite section, j’avais assez trimé pour ne pas arrêter trois semaines avant la fin de ce magnifique cursus. Ce serait couillon.
Donc ma mère n’a pas eu besoin de trop me motiver. Pour y aller, pas pour bosser avant.
A part le comité des matheux qui nous a pondu un sujet sous cannabinoïdes, cela s’est plutôt bien passé.
Mon ticket pour la fac est dans la poche.
Oui, car c’est en fait le début de la vrai vie « étudiante ». Dans le sens sérieux du terme. Studieux, appliqué, concentré.
« Look at me, Focus, Focus ».
Si ma mère lit ce poste, je lui conseille d’arrêter immédiatement la lecture.
S’inscrire à la fac est une chose, y travailler et réussir est tout à fait différent.
Je débarque courant septembre, ne connaissant personne, les quelques amis de terminale intéressés par les études de santé ayant choisi Médecine. Un manque de goût évident.
Et puis j’ai pas l’air con à arriver tout seul, moi : je n’ai pas amené de bouteille de jus d’orange ou de Tuc pour le premier cours, je vais me faire refouler, c’est certain.
Je me trouve une place dans le coin Sud-Sud-Est de l’amphithéâtre (je suis débutant : le mot « amphi » viendra plus tard). J’ai choisi façon sheldon cooper : non loin de la sortie en cas de danger, proche du radiateur, avec une visibilité certaine sur le tableau, quand même, et pas assez près du premier rang pour être pris pour un petit bizuth que je suis.
Et là commence la découverte. Le joli dépliant résumant mes hypothétiques études de pharmacie me fait découvrir ce vaste monde.
J’ai donc 16h de cours non obligatoires, sur les trois premiers jours de la semaine. J’ai souris avec extase constamment pendant plus de trois mois rien qu’en pensant à ce détail.
Le reste de la semaine étant réservé aux travaux de groupes, exercices appliqués. Où ma présence est recommandée.
Je sais très bien qu’il faut travailler, que c’est un concours, que personne ne va me dire ce que je dois faire.
Le seul problème étant mon absolue inconscience de jeune homme de 18 ans. Que j’ai d’ailleurs toujours un peu enfouie au fond de moi.
Pour illustrer mon propos, voici des extraits issus de mes pensées cérébrales du moment :
– Ne rien faire et avoir son concours : c’est possible, sisi.
– Je vais travailler, mais pas trop, ça a marché pour le bac.
– Je vais aller en cours. Je vais aller en cours, Je vais aller en ville.
Je ne vous ferai pas l’ensemble des résumés des semaines, qui se ressemblent assez fortement.
J’ai découvert que la faculté de pharmacie était très féminine. Un bon point.
La visite de la BU représente mon expédition de fin d’année, 2 semaines avant le concours. Un bien joli endroit, fréquentée par de jeunes étudiantes et quelques ragondins fanas de livres. J’y retournerai souvent, mais pas cette année là.
Ma semaine de concours fût assez épique. J’y croyais encore au tout début, il me semble.
Et puis, les épreuves avançant, j’ai vu petit à petit l’espoir de réussite s’aménuiser, lentement mais sûrement.
Je commençais l’épreuve, je réalisais que je ne savais rien, terminant assez rapidement ma non-démonstration. Puis j’attendais.
Ne pouvant sortir par anticipation, ce moment était important pour autant : je servais à rassurer les étudiants à côté de moi. La tête en l’air, à faire des dessins qui n’en sont pas, à compter les éventuels points ramassés ici et là. Je serai d’ailleurs assez précis dans mes prévisions.
Le sujet de biologie animale fût l’apothéose : Fermeture du tube neural, les différents stades.
J’ai rendu ça :
            Tube neural
là où on attendait plutôt cela :
J’ai eu zéro, si quelqu’un se posait encore la question.
Une bien belle année. Un bel aboutissement. La moyenne nulle part, moins de 5 quasi partout.
Clap de fin sur cette première année.
La fac de pharma, c’est cool, mais ça fait mal aux fesses sur la fin.

Donc travaillez. Mais pas trop.

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